Des Platanes, on les entendait cascailler 

 

 

Réalisé avec la collaboration de Nelly CHAPOTTE-DOMERGUE

 

Préface de Bernard KAYSER

 

 

Première édition : Edisud, 1998 (épuisée)

Réédition : René Domergue, 2003

 

 

    Situés au cœur du village, les Platanes sont le principal lieu de rencontre des hommes, avant et après le travail. Implantés en contrebas, au pied de la colline, les lavoirs sont un lieu réservé aux femmes. Lieux d’intense sociabilité, mais aussi de commérage.

            Le commérage est un divertissement. Dans une société fermée, c’est aussi l’expression d’un fort contrôle social. Aux Platanes et surtout aux lavoirs, les mauvaises langues s’en donnent à cœur joie : « Une telle est une dégavailleuse (gaspilleuse), et son homme, il pense qu’à campéjer (courir). »

            Les conversations vont bon train, les femmes s’escacalassent (rient très fort). Les éclats de leurs voix portent très loin. « Des Platanes on les entendait cascailler. » Lorsque le paysan laboure dans un terrain pierreux ou très sec, le soc de la charrue émet des sons métalliques, on dit que ça cascaille.

            Dans les années 60, à Montpezat (Gard), comme dans de nombreux villages, c’est « la fin des paysans ». L’eau courante arrive dans les maisons. Les Platanes sont souvent déserts, et le linge est lavé à domicile. On n’entend plus cascailler, pas plus les femmes que le soc de la charrue.

            Cent ans de bouleversements dans la vie quotidienne, de changement progressif du système de valeurs (raouber des galines, dérober des poules, c’était pas voler !...) sont racontés dans ce livre, avec le souci de donner le premier rôle au langage des gens. Certes l’occitan, dans son intégrité, ne s’entend plus guère que par bribes, mais cette langue subsiste largement sous forme francisée dans les conversations d’une grande partie de la population.

 

TABLE DES MATIERES

 

 

PRÉFACE...........................................................................................................................7

 

LE VILLAGE DE MONTPEZAT .......................................................................................13

 

I - ON S’ENFANGUAIT JUSQU’AUX CHEVILLES   

            Les paysans, la terre..............................................................................................25

 

II - À CHACUN SON MÉTIER 

            Activités commerciales et artisanales......................................................................55

 

III - ÇA EMPÊCHE  PAS LES FEMMES DE ROUNDINER

            L’équipement du village et des foyers.......................................................................71

 

IV - C’ÉTAIENT PAS TOUS DES AïSSABLES

            Les jeunes, l’école, la fête......................................................................................97

 

V - ELLES ÉTAIENT LÀ POUR ESCOURNIFLER

            Les catholiques..................................................................................................125

 

VI - AQUELIS IGANAUDS

            Les protestants...................................................................................................143

 

VII - ON SE FOUGNAIT

            La politique.......................................................................................................155

 

VIII - CE SONT DES DÉGAVAILLEURS

            La population, l’espace......................................................................................165

 

IX - LE LAIT DE PUTE

            L’amour, le mariage, la famille..........................................................................177

 

X - C’ÉTAIT  UN  RÉBOUSSIÉ

            La vie sociale....................................................................................................197

 

CEUX DE LA CLASSE.................................................................................................215

 

CONCLUSION...........................................................................................................217

 

 

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