Dévarier

 

 

              Etre dévarié, c’est être énervé, être agité,... « Ce matin, je me suis levée trop tard, j’ai eu le temps de rien faire, je suis toute dévariée. »

         L’été, les mouches qui viennent se coller sur toi, ne te lâchent pas. Si tu t’agites, elles partent puis reviennent : elles te dévarient !

         Etre dévarié, signifie aussi être troublée. « Au printemps, de voir toutes ces filles en petite jupe, ça te dévarie. »

         On peut dévarier quelqu’un. « Arrête de donner des conseils, au lieu de nous aider, tu nous dévarie » Tu nous énerves.

         Le chien peut dévarier les oiseaux dans leur cage.

         On peut dévarier quelque chose. « Qui c’est qui m’a encore dévarié ma pile de livres ? »

         Enfin, on peut dire de quelqu’un quil est un dévarié, ce qui signifie qu’il est un peu excité, qu’il est déboussolé, voire un peu dingue. « Celui-là, il sait même plus où il habite, c’est un dévarié ! »

         Un animal peut être dévarié. Ma femme prend en pitié les chats abandonnés. Ainsi on a hérité d’un chat noir qui, la nuit venue, manifeste sa faim en nous mordant violemment les doigts de pied. Du fait de sa vie antérieure, il est complètement dévarié.

         Dans le temps, il n’était pas rare qu’on surnomme quelqu’un « le dévarié ». Ses enfants sont alors facilement repérés : « Ce petit ! tu le connais pas ? C’est le fils du dévarié. » . » Dans la société villageoise, les ancêtres vous collent à la peau,... et, peut-être, deux ou trois générations plus tard, un enfants de cette famille sera appelé « le dévarié », sans qu’il soit plus excité que la moyenne.

 

Source : Chroniques de R. Domergue sur Radio Bleue Gard-Lozère

(Héritage occitan dans le parler du pays de Nîmes)

 

 

 

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