Bouléguer

 

 

       Bouléguer vient de l’occitan bolegar, remuer. En français régional on dit bouléguer.

         Avant d’utiliser un pot de peinture, il faut bien bouléguer, pour homogénéiser le produit. On boulègue la salade, pour bien l’ouncher (l’oindre).

         Pour bouléguer la peinture, on peut utiliser tout ce qui vous tombe sous la main, à condition que ce soit bien propre : un bâton, un tournevis, n’importe quoi...Mon  père me disait : « va me chercher un boulégador ! », un machin pour bouléguer.

         Par extension, quelqu’un qui se boulègue est quelqu’un qui se remue, au sens propre ou au sens figuré. Une vendangeuse qui se boulègue est très active, elle coupe deux fois plus de raisins que les autres. Un danseur qui se boulègue, c’est un danseur très tonique : « Gros comme il est, regarde comme il se boulègue !  Saïque, il faudrait pas qu’il nous fasse un infartus ! »

         Au sens figuré, se bouléguer s’est s’affairer, se donner du mal. « Celui-là, tu peux croire qu'il se boulègue : pas étonnant qu’il soit si riche. »

         Pour bien dormir à deux dans un lit, mieux vaut que l’autre ne boulègue pas trop : « Celui-là, quel boulégaïre, pendant qu’il dort  il arrête pas de se retourner et de te foutre des coups de pieds »... Ça, c’est pour le cas où on veut dormir, car dans d’autres circonstances, ce n’est pas plus mal que l’autre boulègue un peu ! Comme le disait un ami qu'on taquinait au sujet de sa petite taille : mieux vaut un petit qui boulègue, qu’un grand qui pénèquège ! En bon français : mieux vaut un petit qui frétille, qu'un grand qui roupille.

 

Source : Chroniques de R. Domergue sur Radio Bleue Gard-Lozère

(Héritage occitan dans le parler du pays de Nîmes)

 

 

 

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