Bartas, bartasséger

 

 

       Un bartas est un buisson.

         Dans la garrigue, il arrive souvent que les chasseurs bartassègent : ils passent au travers des bartas.

         Vous connaissez ces nombreux guides de randonnées avec des tracés de sentier : prenez le troisième chemin en face à gauche en partant du grand mur de droite sous le deuxième petit peuplier... Le promeur pas très dégourdi, comme moi, finit toujours par s’égarer. Il peut passer une bonne partie de sa randonnée dans les broussailles, souvent épineuses : il bartassège. Promeneur, si vous faites égarer votre famille, rattrapez la sauce en disant : mais non, on s’est pas perdu, on bartassège !

         Mais, quand on dit que des jeunes bartassège, ça ne signifie plutôt qu’ils se retrouvent délibérément au milieu des bartas... avec une personne du sexe opposé. Dans nos garrigues, il y a beaucoup de cailloux, d’épines, ce n’est pas toujours confortable, mais l’enthousiasme des participants doit normalement suppléer à ces petits inconvénients.

         Bien entendu, les plus vieux peuvent aussi bartasséger. Mais s’ils se font repérer, on se moque d’eux.

         On peut baratasséger en ville, dans certains recoins de la colline au-dessus des jardins de la Fontaine, à Nîmes. Peut-être même dans les bureaux ! Je pense que dans les milieux familiers du parler régional, si un homme dit à une femme : " Tu viens avec moi à la photocopieuse, entre les cartons, on pourra bartasséger," le message est limpide. Et si la dame ne connait pas le mot, ce sera une occasion de promouvoir la culture méridionale !

 

Source : Chroniques de R. Domergue sur Radio Bleue Gard-Lozère

(Héritage occitan dans le parler du pays de Nîmes)

 

 

 

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