
Labourage en terrain de garrigue. ça cascaille !
Montpezat - coll. René Domergue
Cascailler est issu de l’occitan cascalhar.
Un oiseau qui chante intensément cascaille.
Lorsque le paysan laboure dans un terrain pierreux ou très sec, le soc de la charrue émet des sons métalliques, on dit que ça cascaille.
Mais, le plus souvent, le mot est utilisé pour évoquer les éclats de voix d’une conversation.
A Montpezat, comme dans bien d’autres villages du midi, les paysans, en-dehors de leurs heures de travail, se retrouvaient traditionnellement, l’été, à l’ombre des Platanes. Au centre du village. Le village est sur une colline, et les lavoirs sont en contrebas. Les lavoirs sont le lieu des femmes, elles parlent fort, elles rient, elles cascaillent. Leurs éclats de voix portent très loin. Pour peu que le vent soit favorable, l’écho arrive aux Platanes. Les anciens disent « Des Platanes, on les entendait cascailler. » Les hommes racontent cela avec un léger sous-entendu. Il faut comprendre : on entendait l’écho du commérage des femmes.
Dans les écoles, on entend cascailler dans la cour, au moment de la récréation. Dans ce cas, le mot exprime la vie sociale intense, l’exubérance.
Dans les entreprises on cascaille au moment de la pause,....... ou entre les pauses.
Lors des courses camarguaises, celui qui annonce les primes est appelé l’annonceur. Ce terme français fait tristounet dans un milieu où les expressions régionales sont si répandues. Pourquoi ne pas dire le cascailleur ?
Source : Chroniques de R. Domergue sur Radio Bleue Gard-Lozère
(Héritage occitan dans le parler du pays de Nîmes)
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